Retour sur la 5ème édition du Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires, afrotopia, 10 -26 novembre 2015, Paris, Les Lilas, Porto Novo et Lomé

Entre les 10 et 26 novembre 2016, s’est déroulée la cinquième édition du Festival des Nouveaux Cinémas Documentaires (FNCD) organisé par Belleville en vues. Il va sans dire que cette édition s’est déroulée dans un contexte dramatique. Néanmoins, Belleville en vues a su mener à bien un projet long de plusieurs mois. Au fil des projections et des rencontres, le FNCD a proposé un programme riche et exigeant, avec pour finalité la valorisation des cultures, ce à quoi le Festival est engagé depuis sa création. Entre poésie et réflexion, les étudiants C3M ont eu la chance d’assister aux différentes programmations du Festival.

Cette cinquième édition du FNCD, intitulée Afrotopia, propose une vision des créations cinématographiques africaines et des diasporas. C’est au travers d’une multiplicité de formats et de créations qu’Afrotopia rend compte de la complexité et de la diversité d’une « Afrique-Monde ». Ainsi, l’Afrique est interconnectée, métisse et plurielle et s’affranchit des imaginaires réducteurs. Les oeuvres présentées sont elles-mêmes hybrides et à la croisée de plusieurs pratiques : cinéma documentaire, fiction, anthropologie visuelle et art contemporain.

Cette édition est notamment l’occasion de questionner les genres et les formats ayant le réel pour matériau. Dans quelle mesure le réel et ses protagonistes peuvent-ils être parties prenantes de la création de l’objet médiatique ? Comment le réel comme objet d’études peut-il influencer les choix de l’auteur ? Comment les protagonistes filmés peuvent-ils se réapproprier le processus créatif ? Ces questions furent récurrentes tout au long du festival et ont alimenté les échanges entre le public et les différents intervenants.

Ces réflexions sur le réel en tant que matériau ouvrent inévitablement vers la question de l’altérité et de ses représentations. Comment rendre compte de l’altérité sans tomber dans la condescendance ethnocentrique ? Comment faire du protagoniste un acteur à part entière et non plus un objet d’études ? Il apparaît alors que la question de l’altérité et celle du format sont concomitantes, et doivent donc être pensées de façon simultanée.

NICOLAS TE CHIN - ÉTUDIANT C3M 2015-2016